Les divers styles de méditation : Bouddhisme

Durant le dernier article, nous avions parlé des divers styles de méditation dans l’hindouisme. Cette fois ci, parlons de Bouddhisme.

Samatha

Samatha c’est la pratique de calmer l’esprit à travers la concentration. Cette concentration se fait principalement sur notre souffle bien qu’il soit possible d’utiliser un objet externe afin de développer la concentration.

Quand notre cerveau se focalise sur un objet (et surtout quand cet état est accompagné avec un souffle calme et régulier), cela permet au reste de notre esprit de rentrer dans un état de repos. A court terme, ce style de méditation amène le calme et la joie chez celui qui médite. Pourtant, à long terme, son vrai but c’est de développer notre conscience et permettre les états méditatifs plus profonds.

Afin de pratiquer ce style de méditation, assoyez-vous dans une position où vous êtes confortable mais où le dos reste droit. Amenez votre conscience sur votre souffle et concentrez-vous dessus. Essayez de garder un souffle calme, profond et régulier. Si vous avez du mal à vous concentrer sur le souffle, vous pouvez également utiliser un objet externe (par exemple une fleur, une statue).

Vipassana

Dans le canon Pali, Buddha ne parle jamais de Vipassana sans parler de Samatha et il ne parle jamais de Samatha sans parler de Vipassana. Où Samatha est la concentration qui amène le calme à l’esprit, Vipassana c’est la contemplation qui incite notre esprit à explorer, découvrir et développer sa perspicacité.

Comme ce fut le cas dans les diverses pratiques Hindou et Yogique, Buddha considérait qu’afin de découvrir la vraie nature de l’être et de l’univers, il est important de calmer l’esprit afin de lui permettre de distinguer le vrai du faux. Il appelait Samatha et Vipassana les deux messagers rapides de l’esprit qui permettaient à l’être d’atteindre la libération.

Ayant pris le temps de calmer votre esprit avec Samatha, amenez votre conscience dans votre nombril. Concentrez-vous dessus. Maintenant contemplez les différentes sensations que vous pouvez sentir. Est-ce que vous avez froid ? Chaud ? Est-ce vous ressentez quelconque tension ? Quel effet votre inspiration et votre expiration a sur votre nombril ?

Ce dernier n’est qu’un exemple de Vipassana afin de démontrer l’idée derrière ce style de méditation. On démarre avec le corps mais, dépendant de l’école de pensée Bouddhiste, on peut également questionner nos émotions, notre être ainsi que nos désirs et nos peurs.

Une variation de Vipassana c’est le Koan où une histoire ou une question est utilisée afin de créer le doute chez le pratiquant et tester son progrès. Par exemple, une question typique de Koan peut être : « Quel était mon visage avant que mes parents ne naissent ? »

Sati ou la pleine conscience.

Bien que ce soit très à la mode aujourd’hui, traditionnellement Sati n’était pas considéré comme une pratique méditative : mais plutôt un état naturel de l’être. Par exemple anapanasati (conscience de notre souffle) est un besoin primaire avant de pratiquer Samatha sur le souffle. De même, avant de questionner les parties de nos corps, il est important d’en être conscient.

Cet état de pleine conscience est nécessaire à la fois pour la pratique physique de Yoga asana, pour les pranayamas ainsi que tous styles de méditations, qu’ils soient Bouddhistes, Hindous ou Taoïstes. Au fur et à mesure dans les articles suivants, nous développerons comment arriver à cet état d’une manière naturelle.

Metta ou bienveillance

Bouddha a amené le message de paix dans ce monde. Pour que cette paix soit réelle et pas simplement une idée non-manifestée, il est important que nous ressentions une vraie empathie envers les autres. Que nous ayons réellement envie de faire du bien aux autres. Les méditations de style metta cherchent à développer notre empathie et notre bienveillance.

Afin d’atteindre cet objectif, on démarre en se concentrant sur un objet pour lequel il est facile de ressentir amour et gentillesse. Par exemple, si l’on adore les animaux, se concentrer sur un chaton joueur sera la première étape. Une fois nous commençons à ressentir l’émotion de l’amour et de la bienveillance, cette émotion est par la suite tournée vers les objets plus difficiles qui nous laissent soit neutre soit qui incite la colère et la haine en nous.

A noter que si nous souhaitons que ce style de méditation ait un effet réel sur notre être, il est important de l’accompagner avec l’introspection afin de mieux comprendre pourquoi telle ou telle chose incite la haine ou la colère en nous.

Méditation sur les enseignements de Buddha.

Durant ce style de méditation, le pratiquant se concentre sur une idée ou une philosophie. Par exemple, les idées comme Samsara, comme la nature de la vie et la mort, la souffrance, l’impermanence ou encore les impuretés peuvent faire l’objet de ce style de méditation.

Les méditations ésotériques de Tantra Bouddhiste.

Démarrant de vers 3ème-4ème siècle de l’ère commune, les sages Yogiques et Tantriques voyageaient pas mal vers le nord de l’Inde, notamment dans les royaumes de l’Himalaya. Avec eux, ils ont amené les concepts ésotériques de tantra et de yoga – notamment les idées telles que les corps subtils, le mouvement de l’énergie vitale dans le corps (prana), les chakras et bien d’autres. A partir d’environ 7ème siècle, ces idées étaient également incorporées dans Bouddhisme, notamment au Tibet, ce qui a donné naissance à Vajrayana ou le Bouddhisme tantrique.

Durant ce style de méditation, nous nous concentrons sur les divers corps subtils, les chakras, les mandalas, notre énergie vitale ainsi que, dépendant de l’écoles, les différentes divinités.

Le sujet pour le prochain article : les méditations Taoïstes.