Le lait : faut-il en boire ou pas ?

Est-ce qu'il faut boire du lait?

En ce moment, je vois défiler sur mon mur Facebook pub après pub venant du monde Végan qui incite les gens à ne plus boire de lait. Ceux qui boivent du lait sont traités de voleurs. Le lait, disent ces pubs, est pour les veaux, pas pour les humains. De l’autre côté sont tous mes textes d’ayurvéda où le lait et les produits laitiers sont fortement recommandés. Mais alors, faut-il boire du lait ? Ou pas ?

Il y a de très bonnes raisons pour laquelle l’Ayurvéda recommande la consommation de lait et des produits laitiers. Il améliore l’Ojas, qui est responsable de notre système immunitaire. Il nourrit les tissus fondateurs du corps (dhatu). Titre médical, avec le mélange d’herbes et d’épices, il est conseillé dans les cas d’anxiété, de stress, de constipation, de maladies de tracts urinaires, et bien d’autres. Il apaise le vata et le pitta dosha. Il aide également à rendre l’esprit plus sattvic (un esprit apaisé avec du recul et du discernement). En combinaison avec d’autres herbes et racines, il impacte également les capacités extrasensorielles. En tant que Yogi, je devrais pouvoir recommander le lait et les produits laitiers sans retenue.

Mais malheureusement ce n’est pas si simple que ça. Pourquoi ? Je vais répondre en vous racontant une petite histoire…

Presque depuis que je sais marcher – et probablement même avant – notre rituel matinal consistait à sortir à l’aube et marcher jusqu’à chez le doodhwalla (le laitier). Il ne fallait pas marcher bien loin. Sa maison était à 5 minutes de la notre. Il avait deux vaches et un buffle.

De temps en temps, il nous faisait attendre. Pas parce qu’il y avait une longue queue. Mais parce que les veaux n’avaient pas encore fini de boire le lait de leur maman. Parfois – ce n’était pas souvent mais ça arrivait – il nous disait qu’il n’y avait plus de lait. Les veaux avaient tout bu. J’engueulais alors les veaux pour avoir été trop gourmands. Tout le monde riait. Je reste persuadé que les vaches et le buffle riaient aussi.

Je croisais souvent ces vaches dans l’après midi également. Elles étaient dans un jardin à coté, en train de manger de l’herbe et des fleurs. Régulièrement quelqu’un passait et leur donnait soit des chapatis soit des fruits. Tout le monde les appelait par leurs noms. Les caresses étaient fréquentes. Mais nous les enfants on aimait jouer avec ces vaches. Moi, en particulier, j’avais appris à imiter les veaux. Je chevrotais. Les vaches cherchaient leurs petits. Je me faisais gronder par le laitier ainsi que par mes parents et les voisins. « Il ne faut pas embêter les animaux » ils me disaient. Le laitier, lui, parlait à ses vaches sans arrêt. Ces vaches et ce buffle faisaient parti de sa famille. Je n’ai jamais su s’il préférait ses enfants… ou ses vaches.

Ce laitier ne connaissait rien à l’ayurvéda. Ce n’est que plus tardivement, quand j’ai commencé à lire les textes fondateurs d’ayurvéda, que j’ai découvert que malgré ses manques de connaissances, il suivait presque à la lettre la bonne manière de tirer le lait de ses vaches.

Ces textes présentent le lait comme un élixir. Mais ils disent également que :

  • La vache doit nourrir le veau d’abord. Et seulement après on peut prendre son lait. Le lait pris ainsi (une fois le veau a eu son tour) est plus riche en nutriments.
  • La vache doit pouvoir vivre en liberté.
  • La vache doit être traitée avec l’amour. Le lait d’une vache maltraitée est indigeste.
  • Ce lait doit être amener à ébullition rapidement après avoir été tiré.

Donc faut-il boire du lait ? Un grand oui. Mais encore faut-il pouvoir trouver du lait. Je sais que le lait cru que je trouve dans un marché à coté de chez moi n’a plus le même gout – et je ne parle même pas du lait trouvé dans les supermarchés (que je n’arrive pas du tout à digérer). En contrepartie, chaque fois je vais en Inde et j’arrive à trouver un laitier qui prend soin de ses vaches… je n’ai strictement aucun problème à digérer le lait.

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Pour moi, le Yoga est un voyage qui a démarré quand j'étais à peine adolescent... mais ce n'était pas le Yoga tel qu'il est pratiqué de nos jours. Il s'agissait surtout d'un art de vivre, une quête vers le Soi, un désir de s'interroger. Aujourd'hui, à travers Abhisaran, j'essaie de transmettre cette approche globale et holistique du yoga qui travaille à la fois le corps, la psyché et l'esprit, tout en s'appuyant sur l'Ayurvéda et le Tantra.

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