L’anatomie ésotérique : Marmānī

Là où les Nādī (canaux énergétiques) et les Chakras (vortex énergétiques) furent découverts par les sages en recherche de l’éveil spirituel ; ce sont les praticiens des arts martiaux tel que Kalaripayattu, Vajra Mushti et Dhanurveda (l’art de l’arc) qui découvriront l’existence des points de Marma. Durant le combat, ils se sont rendus compte que toucher certains points sur le corps humain pouvaient tuer les combattants. D’où le mot Marma, qui vient de racine Mar, qui veut dire : Tuer.

Ce qui pouvait tuer, pouvait également soigner. Et ces écoles d’arts martiaux utilisaient ces points de Marma (Marmānī) également dans un but thérapeutique, notamment pour récupérer des blessures reçus durant combat. C’est le grand médecin Sushruta (environ 6ème siècle avant l’ère commune) qui commença à intégrer la connaissance des Marmānī durant la chirurgie (eh oui ! Bien que peu connu, il fut un temps où Ayurvéda, la médecine traditionnelle hindou, se servait également des interventions chirurgicales !).

Aujourd’hui, la science des Marmānī est employée avant tout dans la recherche d’équilibre des 3 dosha (les substances dont, d’après Ayurvéda, le déséquilibre cause des maladies), notamment durant les massages Ayurvédiques. Mais les Marmānī ont également une grande importance dans les Yoga asana car chaque contraction et chaque étirement pratiqué durant les asanas met la pression sur les divers Marmānī.

Qu’est-ce que Marmānī ?

Ayurvéda et Yoga ne considèrent pas que le corps ne consiste qu’en chair et os. Plutôt nous parlons de plusieurs corps dont un nous intéresse particulièrement quand l’on parle des Marmānī : le corps de Prana ou de notre énergie vitale. Ce prana bouge dans notre corps sur un système des canaux que l’on appelle les Nādī.

Les Marmānī sont des centres énergétiques situés tout au long de ces canaux énergétiques. Vous pouvez les visualiser comme des valves. Quand ces valves fonctionnent parfaitement, prana bouge dans le corps sans obstacle, nourrit tous nos organes et l’être est en parfaite santé. Quand il y a un dysfonctionnement dans ces valves, les problèmes, qu’ils soient physiques ou d’ordre psychologiques, se manifestent.

Marmānī, Yoga et Chakra.

Comme je disais dans l’article sur les Chakras, ce ne sont pas les Chakras qui agissent directement sur notre bien-être psychologique et physique. Plutôt l’énergie de ces chakras agit sur les Marmānī et ce sont les Marmānī qui impactent notre corps et notre psyché. De même, si nous souhaitons agir sur nos chakras, c’est à travers ces Marmānī que l’on cherche à agir.

Pour prendre un exemple, si nous souhaitons agir sur le Muladhara Chakra (chakra racine), l’action principale se fera sur le Marma Guda (l’anus/périnée). Egalement, l’élément subtil de Muladhara c’est la Terre qui correspond à la région entre nos pieds et notre anus dans le corps. L’action secondaire donc se fera sur les 22 Marmānī situés dans cette région.

De même, une séquence de Yoga (surtout s’il s’agit de Yoga thérapeutique) tient en compte ces Marmānī afin d’améliorer l’efficacité de son impact sur nous. Par exemple, si les Marmānī autour de poitrine sont bloqués, on va pratiquer beaucoup d’asana où le dos est plié vers l’arrière.

Comment on agit sur les Marmānī

Il y a plusieurs méthodes qui sont utilisées pour soigner les Marmānī :

  • Massage notamment fait par un praticien d’Ayurvéda.
  • Application des herbes et des huiles spécifiques sur les Marmānī.
  • Mardana ou acupuncture (souvent pratiqué avec les doigts mais également avec des aiguilles)
  • Yoga asana
  • Pranayama
  • Utilisation de prana d’un praticien qui est dirigé dans un Marma spécifique.
  • Utilisation des Mantras (chants sacrés) sur les Marmānī.